Procrastiner et culpabiliser, c’est mauvais pour la santé


Développement personnel, Mon chemin de vie, Naturopathie / mardi, octobre 22nd, 2019

« Le [célèbre] pouvoir du moment présent » d’Eckhart Tolle, quasi-baguette magique pour accéder au bonheur, apprécier chaque instant de sa vie quotidienne (ménage et repassage inclus !), en suivant ses impulsions et son intuition dans le respect de soi-même et des autres, quitte à (ou pour) échapper aux standards de la réussite sociale et financière occidentale ? Oui, triple oui.

En plus de nous ouvrir les portes du paradis terrestre (je n’exagère qu’à moitié…), cette disposition d’esprit diminue la dose de stress dans le corps (et améliore par là même, sa capacité à se défendre et à vieillir en meilleure santé) et permet une meilleure présence à ce qu’on est et ce qu’on fait, l’accès à une vie en conscience, une existence hautement désirable. Sauf que.

Un diplôme non-obligatoire, mais important pour le sérieux de la profession

Alors que ma formation en naturopathie est terminée depuis plusieurs mois déjà, je suis invitée dans quelques jours, comme les derniers Mohicans de ma promotion (une vingtaine de personnes sur les 50 que comptaient nos rangs à la rentrée 2016…), à passer un examen final écrit, puis un grand oral, pour finaliser mon cursus et obtenir mon diplôme de praticienne de santé naturopathe.

Un obstacle sur le chemin : en prendre la mesure et l’enjamber, quitte à trébucher, ou passer à côté ? (Photo MH)

Pour rappel : ce document et cette validation des compétences et connaissances des jeunes praticiens par leurs pairs ne sont pas nécessaires à l’installation professionnelle en France, puisque le métier de naturopathe est encore non-réglementé dans notre pays. Oui, n’importe qui peut fixer une plaque en bas de son immeuble, se déclarer naturopathe et recevoir des clients. Je sais, ça fait un peu flipper. Pour plus d’infos sur tout cela, je vous renvoie au contenu de mon livre, publié en septembre 2019, « Je deviens naturopathe ».

Machine à peurs enclenchée

Sauf que, donc. Les examens, en théorie, cela se prépare, s’anticipe (exit l’impulsion du « moment présent »…). Même si chacun de nous « apprend » différemment, s’imprègne à son rythme, d’aucuns actent généralement le fait qu’avant une échéance, il faut « réviser ». Et c’est là que se noue le sujet du jour. Parce que l’on n’est pas tous pareil, que nos esprits fonctionnent à leur façon, il n’est pas toujours évident de savoir ce qui va nous rendre plus ou moins efficace le jour J. Faire des fiches ? Relire des notes de cours ? Des livres déjà parcourus ? De nouveaux supports ? Et si revenir sur des notions déjà intégrées (au mieux) ou survolées (au pire) nous était insupportable ? Beaucoup aimé le montage ci-contre partagé par une copine de promo…

En plus de ces stratégies (rarement mises en pratique à la lettre…), dans les mois, les semaines et les jours qui précèdent l’examen, le cerveau multiplie les scénarios, enclenche la machine à peurs, grossit l’événement, sa difficulté, ses enjeux. Le stress augmente, on fait appel à des béquilles (chocolat, alcool, cigarette, shopping…), l’immunité chute, le rhume ou les blocages de dos débarquent, les insomnies aussi. Cercle vicieux.

Suis-je à la hauteur des attentes extérieures ?

C’est là que je reboucle avec l’entame de ce billet. Alors que, notamment grâce à la naturopathie, je chemine vers un plus grand alignement entre mes envies, mes talents, mon quotidien et mes projets (c’est pas simple, mais j’y bosse…), cette affaire de révisions et d’examens me torturerait presque.

Elle vient défier mes plans (vivre, produire et donner autour de moi, en fonction de l’énergie et de la dynamique du moment), me force à intégrer des inconnues dans l’équation : vais-je ou non satisfaire aux exigences de mes pairs ? Suis-je à la hauteur des attentes extérieures ? Mais également : puis-je me faire confiance ? Pourquoi suis-je engluée (à 70% de mon temps disponible) dans une relative procrastination ? (Preuve : j’écris sur la procrastination au lieu de le faire sur l’iridologie, sujet que je souhaitais aborder ici au départ, en lien avec les précieuses fiches que je suis « sensée » apprendre par cœur…)

A une dizaine de jours de l’échéance, alors que j’ai du mal à appréhender mon niveau d'(im)préparation, je n’ai pas de réponse à ces questions. Des pistes néanmoins : être attentif en cours, relire ses notes au fur et à mesure, lire des livres sur des sujets connexes tout au long du cursus, se ré-imprégner des grandes lignes et notions quelques jours avant la date fatidique, ont habituellement fonctionné pour moi. Mais, alors que certains continents de la naturopathie me sont familiers, tandis que d’autres me sont presqu’étrangers, je doute, forcément, je doute. Et je perds de vue ma vie en conscience, mon « moment présent ».

Le syndrome de l’imposteur

Au beau milieu de ces projections, de ces peurs, de ces doutes, j’ai écouté deux podcasts qui m’on bien plu et que je souhaite partager avec vous. Celui ci-dessous d’abord (un épisode d’Emotions, série produite par Louie Media), sur le syndrome de l’imposteur. En ne m’identifiant que de loin à l’impostrice citée dans le podcast, je me demande si je ne présente pas le syndrome de l’imposteur du syndrome de l’imposteur.

Attention, explications : « Je ne suis pas très douée (en vrai), donc je ne peux pas souffrir du syndrome de l’imposteur, qui impliquerait que je me trompe à propos de compétences qu’on me prêterait, que j’imaginerais fausses, mais qui seraient quand même vraies ! » Voyez la mise en abîme ? (Ha ha ha ! Merci C. pour cette perspective très pertinente !)

Balance ta peur

Je découvre également le podcast Balance ta peur, dont je n’ai écouté qu’un seul épisode pour le moment, celui sur la peur du conformisme. J’ai particulièrement apprécié ce 57 minutes d’entretiens avec le Youtubeur Benjamin Névert (Vous êtes vraiment sympa!) qui font écho, en creux, à ma situation actuelle : une échéance, des attentes, des rails, et parfois l’impression de ne pas être au bon endroit, de ne pas m’écouter, de faire fausse route, de me conformer.

Dans cet ordre d’idées, je suis très admirative d’une autre copine de promo, Margaux M., qui a suivi le cursus de naturopathie jusqu’au bout, mais a décidé de voyager et de poursuivre ses rêves plutôt que de passer trois mois à réviser des examens et obtenir un diplôme dont elle a estimé de pas avoir besoin dans son futur professionnel. Une prise de risques et une capacité à affronter ses conditionnements qui m’a beaucoup touchée. Et vous, fatigué.es de culpabiliser ?

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