Pour avoir moins froid, exposez-vous au froid !


Naturopathie / jeudi, novembre 22nd, 2018

J’adore la série Outlander. Suspense, amour et sensualité, quête de soi, grands espaces sauvages, un brin de politique… Cocktail parfait. Mais ce qui me frappe depuis la première saison, qui se déroule en Ecosse, sous la pluie et par 15° maximum, c’est la capacité des acteurs et de leurs personnages à aller et venir (trop ?) légèrement vêtus. Les hommes sont en kilt et chemise, un tartan sur l’épaule, les femmes évoluent cous et poitrines partiellement dénudées, avant-bras nus également. Un frisson me parcourt l’échine rien qu’en les regardant.

Ma capacité de résistance au froid ne cesse de baisser

Je suis plutôt du genre frileux. Hiver comme été, j’apprécie d’avoir des couches de tissu sur moi, je travaille à l’ordinateur un plaid ou une robe de chambre sur le dos, en plus d’un pull, je ne peux marcher agréablement pieds nus dans la maison et mets des chaussettes et des chaussons en laine dès le 1er octobre, je ne sors qu’avec une écharpe, un bonnet et des gants, même 20 minutes pour aller chercher les enfants à l’école.

J’ai toujours pensé – comme on me l’a appris, enfant – que « me couvrir » me prémunissait contre l’inconfort du froid, les infections hivernales (rhume, grippe, angine, etc.) et les baisses de forme qui y sont liées. Mais, force est de constater, avançant en âge, que ma capacité de résistance au froid ne cesse de baisser.

Même dans une pièce chauffée à 20°, j’ai récemment remarqué qu’il me fallait plusieurs couches de vêtements pour me sentir à l’aise. Et, quand on sait que les maisons de retraite sont surchauffées à 22/23°, pas sûr que, si je ne fais rien, la situation n’empire pas dans les décennies à venir, m’obligeant à faire appel à la technologie (appartement, véhicules et bureaux chauffés en hiver, climatisés en été) pour compenser mon manque d’adaptabilité.

« Sortir de l’épuisement » en augmentant son adaptabilité

Ce qui m’a mis la puce à l’oreille, outre les plaids que j’achète plus volontiers ces dernières années, c’est que Marc, mon mari, qui se remet doucement de deux semaines de grève de la faim, a brutalement vu sa capacité de résistance au froid chuter elle aussi. Lui qui prend habituellement des douches froides sans difficulté, songe à acheter des « maillots de corps » à porter sous ses chemises et ne dort plus qu’avec une bouillotte sur le ventre.

Alors que je faisais quelques recherches pour trouver des solutions afin de lui permettre d’améliorer son état, je suis tombée sur l’excellente série de vidéos de Thierry Casasnovas consacrée aux techniques pour « sortir de l’épuisement » ou, plus positivement, pour augmenter son adaptabilité face aux variations dans les environnements social ou climatique. Je vous en brosse les grandes lignes, tant ses conclusions, à rebours de ce que l’on entend généralement, m’enthousiasment par leur simplicité et leur accessibilité, en pleine cohérence avec les principes de la naturopathie et avec mes convictions écologiques.

D’abord, explique-t-il, il est important de comprendre que notre capacité d’adaptation baisse au fil des années, si et seulement si nous sollicitons en permanence notre « mode action », par des stress répétés, ne permettant pas à notre corps de récupérer suffisamment entre chaque sollicitation. Cette capacité d’adaptation baisse également si, avec le temps et l’épuisement des systèmes nerveux, endocrinien et immunitaire, nous nous mettons à sous-solliciter ces systèmes, qui finissent par s’atrophier.

Sur-sollicitations psychiques et sous-sollicitations physiques

Prenons l’exemple du froid : si, dès que les températures baissent, je ne sors jamais sans mon combo écharpe-bonnet-gants (ce qui est mon cas !), mon corps ne sort pas de sa zone de confort et ma glande thyroïde, en charge du métabolisme et notamment de la gestion du chaud et du froid, est mise de fait au chômage.

Dans ce cas, les années passant, je ne pourrai bientôt plus supporter un petit vent frais dans ma nuque, tant ma capacité d’adaptation sera restreinte. Physiologiquement, par sur-sollicitations psychiques (les stress de la vie moderne) et sous-sollicitations physiques (chauffage, climatisation, sédentarité…), j’aurai progressivement déréglé mon système d’adaptation et me sentirai épuisée.

Comment faire pour sortir de ce cercle vicieux ? D’abord, Thierry Casasnovas s’appuie sur la loi de l’hormèse : plus on s’expose, par des pics, intenses et de courtes durées, à des conditions aux limites de nos capacités adaptatives, plus l’on se renforce, plus on augmente ses capacités. Plutôt que de créer un environnement conforme à notre faiblesse (lieux tempérés, alimentation ultra-contrôlée, entourage limité et bienveillant…), la logique est de repousser progressivement nos limites en sortant, par petites touches, de cette fameuse zone de confort.

Je lutte contre mes conditionnements : le froid est mon ami

Concrètement, pour avoir moins froid, pas question donc de mettre des couches de vêtements supplémentaires, qui ne règlent rien au problème. Mettre des gants froids sur des doigts froids ne les a jamais réchauffés. Il s’agit au contraire de s’exposer au froid, ponctuellement, en sortant quelques minutes en t-shirt sur le balcon par 10° de bon matin, en trempant ses mains ou ses pieds dans un baquet d’eau froide, en se douchant ou se baignant à l’eau fraiche quelques secondes, quelques minutes pour les plus résistants… L’idée n’est pas d’arriver à la rupture (notamment cardiaque) en allant au-delà de ses limites, en allant trop fort et trop vite, mais en s’écoutant et en sentant ce qui est juste pour soi.

Mise en pratique dès aujourd’hui chez moi : en rangeant la robe de chambre au placard et en éteignant le chauffage dans les chambres. Je m’engage également à courir 20 à 40 minutes deux fois par semaine en forêt, quelle que soit la température. Je me couvre un peu (t-shirt manches longues et polaire fine), mon objectif étant de ne plus considérer la morsure du froid comme une ennemie, mais comme une amie… à petites doses !

De même, je souhaite respecter un peu plus les complaintes de mes enfants, qui râlent parfois quand je veux les sur-couvrir, notamment quand ils jouent et bougent à l’extérieur. Lutter contre mes conditionnements et ceux que je leur transmets, c’est le plus grand des défis pour moi.

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