Naturopathe en politique, l’inévitable mue


Mon chemin de vie, Vivre la ville / mardi, février 18th, 2020

Dans mon livre « Je deviens naturopathe », je parle des syndromes de « l’inscription », dans un cursus universitaire, une entreprise ou un collectif, une association par exemple, et du syndrome de « l’étiquette », professionnelle principalement. J’évoque ces transitions entre des états et des fonctions, ces temps particuliers où l’on passe, au moment de se présenter, de « je suis étudiante » à « je suis journaliste », de « je suis entrepreneuse et mère au foyer » à « je suis naturopathe et autrice », de « je suis conférencière et formatrice » à… « je suis directrice d’une campagne électorale ».

Equilibre et convergence entre ces différentes « casquettes » ?

Ces temps, j’en ai connus un certain nombre dans ma vie. Ils ne vont pas sans une réflexion sur ce qui m’anime, me définit, sur le point d’équilibre et de convergence entre ces différentes « casquettes ». Ces dernières semaines, le grand écart me fait parfois vaciller, rouler les yeux vers le ciel, me gratter la tête et réfléchir. Quotidiennement, en fait. Je suis hyper sollicitée, travaille 12 à 14 heures par jour, n’ai ni le temps de passer un coup de fil à ma famille ou mes amis, ni celui de prendre soin de mon corps, ou si peu. Mais la tête tourne, avec des moments de grande lucidité et d’enthousiasme, des moments de doute et de grisaille.

Comment faire le lien ? Le classique « qui suis-je ? où vais-je ? » en mode accéléré. Ma sœur, qui me reproche mes absences, a tout de même trouvé le temps de m’apporter cet embryon de réponse : « Tu as passé des années dans le milieu politique, et puis tu en es sortie pour fourbir tes armes afin d’y revenir, plus forte ». C’est une réponse qui, à quelques semaines de l’échéance qui nous occupe – les élections municipales des 15 et 22 mars – m’apparait intéressante. Comme le « milieu d’élection », ce coin de terre où l’on se sent chez soi, il existe peut-être un univers professionnel, intellectuel ou militant « d’élection », où l’on s’épanouit, non sans heurts, mais assez naturellement. L’univers politique, malgré ses travers, pourrait être celui-là pour moi.

Je ne ré-enfilerai pas mon ancienne peau

Il est à la croisée de trois chemins qui me passionnent : celui des idées, celui de l’humain et celui de l’action. La complexité de ses codes, la masse de compétences qu’il nécessite de percevoir, à défaut de les maitriser toutes, le spectre large qu’il balaie, entre pragmatisme et idéologie, la variété infinie des postures qu’il permet d’adopter, me ravissent. Le monde politique est aux antipodes de l’ennui : même quand la situation semble figée, les lignes inamovibles, il est possible de trouver la brèche, la voie de la réflexion et de la création.

Je ne sais pas de quoi demain sera fait pour moi. Tout est possible à ce stade. Mais, avec les outils que j’ai touchés du doigt durant ma formation en naturopathie, l’ouverture d’esprit et les connaissances qu’elle m’a apportées, je profite de cette nouvelle étape de mon parcours et observe une nouvelle mue. Difficile d’imaginer un retour à la situation antérieure. Je ne pourrai pas ré-enfiler mon ancienne peau. Les possibles sont nombreux, parfois effrayants ou exaltants. Tout est à réinventer, à nouveau. C’est la beauté de l’affaire. Le jeu s’intensifie, la partie atteint bientôt son paroxysme, avant qu’en démarre une nouvelle, toute aussi intéressante. Malgré la fatigue, malgré les questionnements, j’en goûte chaque seconde.

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