Naturo, sorcières et écoféminisme : initiation musclée avant l’été


Développement personnel, Mon chemin de vie, Naturopathie, Vivre la ville / mardi, juillet 2nd, 2019

Beaucoup de boulot ces dernières semaines, de très nombreux week-ends à Paris en formation et peu de temps pour écrire sur mes états d’âme, mes découvertes, mes envies ou mes dilemmes (à part ce petit aparté sur le yoga !). Avec le matériau que j’ai par-devers moi, j’aurais pu scinder ce qui va suivre en trois ou quatre billets. Mais nécessité faisant loi, je me dois et vous dois un petit update rapide, d’autant que je suis actuellement en ébullition !

Ecrire et méditer, une « autodiscipline aménagée »

Les idées et le quotidien partent dans tous les sens, tous passionnants, mais parfois incompatibles pour qui, comme moi, souhaite bien faire les choses. D’abord, je suis engagée pour 90 jours (du 1er juin au 31 août) dans une expérience proposée par le CEE (Centre d’études de l’ennéagramme) : au menu, deux fois 10 minutes de méditation par jour et une page de journal « intime ».

Si vous avez écouté le podcast du Journal Intérieur enregistré à l’automne, vous savez que j’ai du mal à tenir un compte-rendu purement personnel de mes ruminations et états d’être. De même, observer et domestiquer mes pensées m’est assez difficile. Donc le combo « travail intense à l’extérieur (notamment en soirée) + enfants + déplacements + méditation + écriture dirigée (on a une trame à suivre) = indiscipline relative » et mécontentement sourd de ne pas réussir à tenir mon engagement. Néanmoins, je m’accroche et me satisfait d’une « autodiscipline aménagée » (sic).

Podcasts, essais et romans féministes

Ensuite, je lis et j’écris beaucoup, me passionnant une semaine pour le yoga, une autre pour cet étonnant gourou moderne Franck Lopvet (auteur du livre « Un homme debout », aux éditions Atlantes, qui m’a apporté un peu de sérénité, j’y reviendrai…), une troisième pour la série de romans adulescents « La passe-miroir » (trois tomes en poches Folio) de Christelle Dabos : au top du top !! J’adore !! (Et, oui, je trouve toujours un créneau pour lire un excellent roman, voire trois !)

Mais c’est la déferlante de contenus féministes de haute qualité qui est la plus marquante pour moi ces dernières semaines : Un podcast à soi d’Arte radio, des essais sur les sorcières, tel celui – topissime ! – de Mona Chollet, ou celui de la naturopathe Odile Chabrillac, que je commence à peine. Sur ma table de nuit également, des classiques tels « Une chambre à soi » de Virginia Woolf ou « Mémoires d’une jeune fille rangée » de Simone de Beauvoir. Des textes « écoféministes » enfin, rassemblés dans le recueil « Reclaim », chapeauté par la philosophe Emilie Hache (éditions Cambourakis) – interviewée ici par Jade Lindgaard de Mediapart (vidéo).

La naturopathie hygiéniste est un écoféminisme

L’étendue de la pensée produite au sujet du déséquilibre sociétal femmes/hommes me saute au visage, tout comme le lien – que j’ai mis des années à faire ! – entre femmes et nature, toutes deux objetisées et soumises pour le plus grand malheur de l’humanité dans son ensemble. Décillée d’un coup, je dévore ce qui me tombe sous la main, la tête chercheuse affolée. Et je commence à faire le lien avec le reste : mon engagement politique écologiste, mais aussi ce qui m’a attirée vers la naturopathie.

Je réalise que le vitalisme et l’hygiénisme, soit une certaine naturopathie, visent l’autonomie de l’humain, une meilleure appréhension de sa propre santé, en accord avec la nature, la nôtre et celle qui nous entoure. Elle garantit aussi une moins grande soumission au médecin et, par extension, sans doute inconsciemment, à l’obstétricien, au sachant, arrogant ou irrespectueux, voire violent quand la femme est la plus vulnérable, à l’occasion d’un accouchement ou d’un avortement par exemples.

Pour l’anecdote, le volet aroma-phytothérapie rapproche un peu plus encore le.a naturopathe de la sorcière d’autan, celle qui guérissait par les plantes, fut persécutée à cause de son indépendance vis à vis de l’institution et des hommes, de son savoir empirique, transmis hors les murs de la faculté. La naturopathie hygiéniste est un écoféminisme ; c’est cette vision, du moins, que je veux défendre et qui prend d’un coup tout son sens.

Quelle forme d’engagement politique ?

Parallèlement à tout cela (entre autres choses…), ce mois a été particulièrement « politique » pour moi, ce qui a occasionné pas mal de réflexions dans mon cercle proche. J’ai travaillé avec des élus, assisté à quelques rencontres de pré-campagne municipale, co-signé un texte appelant à un projet écologiste, social et populaire pour Strasbourg en 2020. Mais je me rends compte que mon engagement politique, comme le reste avant lui : mes casquettes de journaliste, de responsable associative ou de naturopathe, prend et prendra une forme hybride.

Je découvre au fil du temps les meilleurs modes d’expression pour moi, les canaux qui me permettent de faire avancer mes idées, de faire ma part, de donner du sens à ma vie tout en me respectant (ouch). Et cela ne passe, aux dernières nouvelles, ni par l’adhésion à un parti politique, ni par la création d’un cabinet de naturopathie traditionnel, ni par l’objectivité journaliste, etc.

Mais par l’écriture, le partage, les stages, les formations, les conférences… Et d’abord, ce livre, « Je deviens naturopathe », édité à la fin de l’été aux éditions Amyris. Une super fierté, un début, une (auto)récompense après des années de quête. Deux nouveaux projets de livres se profilent, dont un très concret. Des nouvelles dès que.

4 réponses à « Naturo, sorcières et écoféminisme : initiation musclée avant l’été »

  1. Wahou !!
    J’ai lu (et déjà relu) les Sorcières, j’ai lu aussi l’Homme debout, il faudrait que je le relise (j’ai pas tout compris, mais c’était à une période où ce n’étais pas simple pour moi ce genre de lecture).
    Ici c’est presque vacances (oufffffff et projet à mettre en route pour dans 1 an) et côté lectures, L’Apprentissage du bonheur de Tal Ben-Shahar, Journal intime d’un touriste du bonheur de Jonathan Lehmann et Le bonheur est dans le corps de Miriam Gablier et Olivier Chambon.
    [et là je me rend compte qu’il doit y avoir un truc du côté du bonheur … j’avais même pas vu !!!]
    A bientôt !!

  2. Excellent ! 😁
    Oui, « L’homme debout », c’est un peu obscur si tu n’écoutes pas en parallèle les Causeries de Franck Lopvet sur Youtube. Bon, certains trucs sont à mille lieux de nos représentations, mais le fond général est passionnant. A relire pour moi aussi, avec une exégèse complète ici, je l’espère 😅

  3. Merci Marie pour cet article (et tous les autres aussi d’ailleurs). Je suis engagée dans des études de naturopathie depuis presque 2 ans, et même si j’étais consciente de certaines de mes motivations (autonomie, écologie, spiritualité en lien avec la nature), je n’avais pas réalisé à quel point cela peut aussi être vécu comme un engagement politique et féministe.
    « La naturopathie hygiéniste est un écoféminisme », oui !!! et je vais l’inscrire au-dessus de mon bureau. De quoi me redonner de l’énergie pour les périodes de démotivation !
    <3

    1. Merci Carine pour ce retour ! Ce lien féminisme/naturopathie a également mis du temps à émerger chez moi aussi (même si j’ai toujours été très féministe et militante). Notamment parce que certains formateurs en naturopathie sont franchement essentialistes, à marteler « les femmes et les hommes sont très différents, plus yin/émotives d’un côté, yang/puissants de l’autre », la contraception c’est mal (ok, mais que proposer aux couples ?)… J’ai parfois crissé des dents avant d’avoir les clés pour nuancer ces propos (ce qui est heureusement chose faite). Ce que je vois à présent plus clairement, c’est à quel point la naturopathie (comme l’écologie), c’est avant tout le respect du vivant, dans son ensemble 🙂

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