[Livre] Non au « snacking », oui au « fasting »


Naturopathie / lundi, septembre 16th, 2019

Prendre deux repas par jour maximum, pour gagner en énergie et s’alléger du trop plein, je vous en parlais déjà il y a quelques mois. Personnellement, je pratique le jeûne intermittent « conscient » depuis quatre ans, auquel j’attribue des résultats indubitables : perte de poids jusqu’à atteindre un poids « de forme » qui me convient (54 kilos pour 1,63 m), énergie, humeur et glycémie stabilisées (jamais de fringale de sucre par exemple, syndrome pré-menstruel plus discret…). Le nombre de mes repas quotidiens n’explique pas tout (j’ai opéré d’autres changements de fond dans ma vie), mais quand je mange trois ou quatre fois, je sens tout de suite, à ma forme et sur la balance, que le compte est excédentaire.

Coups de barre, baisses de forme, kilos en trop

Je n’ai jamais eu beaucoup d’appétit le matin. Longtemps, parce que l’on m’y incitait, je grignotais un morceau de fromage ou une viennoiserie au réveil, en plus de litres de café, surtout pour ne pas fumer à jeun. Avec l’arrêt de la cigarette il y a une douzaine d’années, et malgré quelques rechutes de ce côté-là, j’ai pu passer la matinée le ventre vide plus facilement, sans toutefois en comprendre les bienfaits.

Bien souvent, je petit-déjeunais pour faire comme tout le monde, mon appétit s’en trouvant coupé pour la journée. Seuls les aliments ultra-salés ou sucrés avaient encore de l’intérêt… Ceux qu’on mange sans faim, en fait. Sans parler des coups de barre, des baisses de forme, des kilos s’accumulant. Autant de désagréments qui se sont évanouis quand j’ai enfin compris les bienfaits du jeûne en général, le fonctionnement de ma physiologie en particulier.

Ces derniers jours, je suis tombée sur un petit livre publié en 2017 aux éditions Thierry Souccar : « Le Fasting », par JB Rives. Après lecture, j’ai décidé de vous en faire un petit compte-rendu. Pas de scoop dans cet ouvrage court, prolongement du site et de la chaîne Youtube de son auteur, mais un bon rappel des mécanismes hormonaux à l’œuvre dans la prise et la perte de poids, et les bases pour comprendre les bienfaits du jeûne intermittent (intermittent fasting en anglais, raccourci en « fasting » par JB Rives).

Manger moins et bouger plus ne font pas maigrir !

Le livre rappelle que 40% des Français sont en surpoids, 6 millions sont obèses (sur 65M d’habitants…). Dans notre pays, comme aux Etats-Unis d’où sont partis les principaux courants nutritionnels, pro-sucre et anti-gras notamment, les personnes en surpoids sont bercées d’informations contradictoires. Avec un message qui s’avère FAUX : manger moins et bouger plus ferait maigrir ! Or, non, un « régime », quelque soit son nom, son contenu nutritionnel (avec ou sans glucide, lipide ou protéine) et sa valeur calorique, n’est pas tenable dans la durée : en restreignant les apports, notre métabolisme s’adapte et ralentit (on crame moins à effort et restriction constant.e) et le corps stocke à nouveau dès qu’il en a l’occasion. D’où les effets yoyo.

Il faut comprendre que quand on mange, on stocke le glucose (notamment les céréales et féculents surnuméraires) sous forme de sucre, oui, mais aussi sous forme de graisse. Quand on jeûne, on tape d’abord dans les réserves de sucre (dans le sang, le foie et les muscles), puis, quand elles sont à sec, dans celles de graisse (lipides) que le foie re-transforme en glucose. C’est la néoglucogénèse. Or, manger toutes les trois ou quatre heures interrompt le processus et nous ramène à la case « sucre circulant et disponible ». Total : on ne va jamais casser les graisses, qui stagnent et s’accumulent, prioritairement autour du ventre pour les hommes, des cuisses pour les femmes.

Faire jouer les hormones du stockage et du déstockage

JB Rives explique bien le jeu des hormones du stockage (insuline), de la satiété (leptine) et du déstockage (glucagon et hormone de croissance). En découlent les mécanismes du diabète, de type 1 (pas de production d’insuline et donc amaigrissement) et surtout de type 2 (trop de sucre, donc trop d’insuline et un pancréas fatigué, avec en bout de course l’insulino-résistance). Il en vient à sa solution présentée comme miracle – c’est le seul truc qui m’a un peu agacée – celle du « fasting » ou jeune intermittent, bien connu des hygiénistes, qui consiste à s’accorder des phases de jeûne quotidien de 16 à 20 heures. Une gageure, dans un monde où le snacking (nom socialement admis du grignotage) est en pleine explosion et où certaines personnes peuvent manger jusqu’à 8-10 fois par jour !

Petits plus du bouquin : une mise en garde contre l’abus de sport d’endurance, qui peut entrainer des blessures et ne fait pas maigrir, à moins d’augmenter régulièrement les cadences, un petit focus sur la musculation (je n’ai jamais pratiqué…) et un rappel des bonnes habitudes alimentaires à prendre pour maximiser l’effet du fasting. Certaines de ces prescriptions m’ont un peu embêtées, mais je dirais que c’est du détail. Je recommande avec chaleur ce petit livre, un premier pas sur le chemin du mieux-être et de la recherche de son « poids idéal », si important dans notre société du paraître. Poids de santé aussi, qui permet au corps d’épuiser moins vite sa force vitale, pour vieillir en meilleure forme et plus longtemps…!

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