L’hygiène de vie à petit prix


Naturopathie / lundi, novembre 19th, 2018

Prendre soin de soi avec peu de moyens, une question qui m’agite en tant qu’individu, désireuse de toujours améliorer – ou a minima maintenir – mon hygiène de vie, mais également en tant que praticienne de santé, qui fixe des tarifs et conseille des consultants.

« Créer » autour d’une situation financière inconfortable

Depuis quelques années, suite à des choix structurants dans notre vie, un changement de voie professionnelle et l’achat d’un appartement, ma famille et moi-même nous trouvons dans une situation inédite : celle de devoir compter chaque euro dépensé.

Plutôt que de subir cette conséquence plutôt désagréable découlant directement d’une série de décisions que nous ne regrettons pour aucune d’entre elles, j’ai décidé d’en prendre mon parti et de « créer » autour de cette nouvelle donne. Avec la participation de toute la famille, cela nous a d’abord conduit à entreprendre notre défi d’un an « sans objet sans déchet ». Cette situation m’amène aujourd’hui, une fois cette expérience terminée et nos « difficultés » non encore résolues, à revoir toujours de plus près la structure de notre budget.

Ce que me coûtent les soins du corps

J’en viens au sujet du jour : le soin que je m’accorde, que nous nous accordons. Il y a quelques temps, « prendre soin de moi » signifiait un certain montant d’investissements :

  • un passage chez le coiffeur tous les 2 à 6 mois,
  • une épilation en institut tous les 1 à 6 mois en fonction des saisons,
  • un massage tous les 1 à 3 mois,
  • des consultations, généralement annuelles, chez des praticiens tels qu’un ostéopathe, un kinésiologue, un dermatologue, un gynécologue, une dentiste, voire une énergéticienne ou une fasciathérapeute,
  • quelques produits indispensables à renouveler régulièrement (aloé véra 99%, huile végétale bio de qualité, shampoing solide bio, brosse à dent et dentifrice, huiles essentielles…),
  • des tisanes adaptées à mes besoins (plantes en soutien du foie, adaptogènes en période de stress, favorables à la régulation hormonale, etc.), achetées en herboristerie,
  • quelques compléments alimentaires (plantes en gélules ou en poudre, produits de la ruche, complexes vitaminiques, oligo-éléments…).

Comparé à ce que consomme en la matière un occidental lambda, femme ou homme, cela peut sembler peu. Pas de maquillage, pas de produits spécifiques pour la peau, crème de jour, de nuit, pour le soleil ; pas de produits pour les cheveux, les mains, les lèvres, les ongles et j’en passe.

Néanmoins, cela représente un budget à trouver, que j’estime – tout confondu – à environ 120€ par mois. Je n’y intègre pas l’alimentation ou le sport, qui viennent doubler, voire tripler la note, ni les livres ou formations qui nourrissent mon esprit et renchérissent ce budget déjà conséquent, à la mesure de ce qu’ils m’apportent.

Je réduis mes dépenses sans faire une croix sur moi

Comment revoir mes priorités ? Comment réduire ce budget dont il m’arrive de ne pas disposer ? Comment adapter le soin que l’on prend de soi, voire l’améliorer, en situation de disette budgétaire ? Pour moi, il s’agit de changer des habitudes (comme pour le zéro déchet), de casser des idées reçues, de me regarder avec d’autres yeux.

Je vais depuis 10 ans chez un coiffeur qui facture 59€ la coupe ? Je m’attèle dès cette semaine à trouver moins cher dans mon quartier ou à prendre attache avec une école de coiffure – qui a dit qu’on ne devait prendre aucun risque avec ses cheveux ?

L’épilation en institut me coûte 28€ à chaque passage. Après 12 ans d’épilation à la cire effectuée efficacement par des professionnelles, je ne parviens pas psychologiquement à changer de technique. C’est pour cela que, présentement, je ressemble à une yéti et ne m’en porte pas plus mal.

Chez vous, n’hésitez pas à tester d’autres options, si et uniquement si vos poils vous dérangent vous-même, telles que l’épilation à la cire orientale (sucre, eau, citron) ou le rasoir métallique réutilisable.

Hiérarchiser mes besoins, échanger entre praticiens

Concernant les visites chez les divers thérapeutes, ma démarche vise d’abord à hiérarchiser mes besoins et à étaler les consultations dans le temps. Ainsi, je travaille sur mon perfectionnisme et mon impatience. Fini le « tout tout de suite » ; bonjour le « je suis un peu de travers et j’accepte de prendre le temps de me remettre d’aplomb ».

J’ai également la possibilité, en tant que praticienne de santé, de proposer des échanges de savoir-faire entre confrères. Exemples : une séance de shiatsu contre des conseils nutritionnels ; un massage du crâne contre une podo-réflexologie. Pas l’habitude de demander ? C’est le moment de s’y mettre. Je favorise également les médecins spécialistes pratiquant le tiers payant.

Des habitudes de vie réparatrices et… gratuites

Concernant les produits, tisanes ou compléments alimentaires, pas de secret : réduire la quantité et le choix (cultiver ses herbes et les faire sécher chez soi quand c’est possible), privilégier des produits bruts et multifonctions, comme les huiles végétales bio de première pression à froid, qui servent à la fois en cuisine, à masser et aux soins du corps, cibler précisément les compléments nutritionnels nécessaires ou s’en passer.

Car l’hygiène de vie, c’est aussi (surtout !) des techniques toutes simples et gratuites ! Marcher dans la forêt, s’endormir avant 23 heures, méditer, faire quelques exercices physiques sur un tapis de sol à la maison, se détendre en famille, rire entre amis, cuisiner des plats végétaux, goûteux et frais.

En cela, la naturopathie est fantastique. Dans les techniques de santé à notre disposition, certaines nécessitent des fonds, comme la nutrition individualisée ou le recours à des thérapeutes spécialisés, mais d’autres, plus importantes encore, sont à la portée de tous : se relaxer, vivre en accord avec ses valeurs et prendre du plaisir au quotidien, dans un bon bain chaud, en dégustant une soupe de légumes de saison ou en communiant avec la nature, même la plus anodine, sur un bord de fenêtre ou dans un parc urbain.

Halte donc à la frustration et à l’envie ; oui à la culture d’une vie bonne et à l’amour, de soi et des autres.

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