« L’appel au courage » de Brené Brown, antidote à la peur, à la honte et au perfectionnisme


Développement personnel, Mon chemin de vie / mercredi, décembre 25th, 2019

Depuis quelques semaines, alors que je me donne toute entière à mon nouveau boulot, je ressens chaque jour la satisfaction d’être là où je dois être, mais également, en toile de fond, la peur de taper à côté et l’angoisse d’être incomprise, critiquée ou rejetée.

Quand ces émotions désagréables m’étreignent, je me remémore les Quatre accords toltèques, « ne rien prendre pour soi », « toujours faire de son mieux », « avoir une parole impeccable » et « ne pas faire de supposition ». L’espace de quelques secondes, je me repasse également en pensée la conférence de Brené Brown diffusée sur Netflix que j’avais tant aimée, « L’appel au courage » (The call to courage).

Pas de courage sans prise de risque

Le message de cette chercheuse en sciences sociales est simple : le courage ne va pas sans prise de risque. Ce risque, c’est bien sûr celui d’échouer, mais c’est avant tout celui d’être jugé.e et humilié.e. C’est la peur viscérale d’apparaître inapte et d’être évincé.e. Sauf que cette peur et cette honte sont les revers indissociables de toute médaille du courage. Malgré ce que l’on imagine souvent, l’une ne va pas sans les autres. Sans vulnérabilité, aucune action, aucune avancée significative, ni pour soi ni pour ceux qui nous entourent.

Pour Brené Brown, il existe deux groupes de personnes : celles qui ont l’impression qu’elles ne font jamais assez « bien » et celles qui, même quand elles se plantent, conservent un fort sentiment de reconnaissance et d’appartenance. Persuadées qu’elles sont dignes d’amour, ces dernières acceptent leurs imperfections (et l’imperfection tout court) et font preuve de compassion envers elles-mêmes et envers les autres. Surtout, elles sont convaincues que leur authenticité et leur fragilité rendent leur vie plus riche et heureuse.

Celles qui expérimentent la joie, la créativité et l’amour

Ce sont ces personnes, celles qui prennent le risque d’échouer ou d’être rejetées, celles qui osent dire « je t’aime » en premier, qui acceptent de ne plus tout contrôler ou prévoir, qui expérimentent la joie, la créativité et l’amour. Les autres, celles qui « anesthésient leur vulnérabilité », se coupent du même coup de tout ce qui fait sens dans la vie. En se barricadant derrière une prétendue maîtrise, elles ne peuvent pas donner la pleine mesure de leurs talents et souffrent du manque de sens de leur existence.

Je me suis longtemps rangée dans la catégorie des perfectionnistes, effrayé.es de montrer leur faiblesse. Même si j’ai pu donner l’impression de prendre des risques et de m’exposer, j’ai longtemps été muselée par une peur maladive de déplaire. Peur pas tout à fait éteinte… Sauf que, même s’il est inconfortable pour moi d’écrire ces lignes, je crois important désormais de ne plus me cacher. Pour être cohérente et faire avancer la discussion.

La conviction que ma fragilité est une force

Oui, apprendre sur le tas, trouver sa place dans un collectif, créer des liens, agir efficacement, faire preuve de justesse et de pertinence, est difficile. Oui, je doute de moi-même, je suis parfois fatiguée ou agacée, je pleure, même. Mais ce qui me permet d’accepter désormais ces émotions négatives, c’est la conviction que ma fragilité est une force et que ni moi ni personne n’avons toutes les réponses. Et tant mieux.

Pour Brené Brown, honte, peur, courage et vulnérabilité sont indissociables. Faire face au monde et agir sur lui nécessitent de s’exposer, de faire tomber l’armure. Si je prends des coups, si n’importe lequel d’entre nous en prend, c’est qu’il ou elle a tenté quelque chose. J’ai le sentiment de l’avoir déjà fait, en participant à la création d’un média, en reprenant des études, en publiant un livre. Mais, au fond, la peur de la critique m’a paralysée, la honte ressentie à l’idée qu’on dise du mal de moi derrière mon dos me donne encore des sueurs froides. Ce qui change progressivement, c’est que je me sens capable, physiquement et émotionnellement, d’encaisser ces critiques et de m’en nourrir pour progresser.

« Le mérite revient à la personne qui a osé »

Pour exprimer notre potentiel, en tant qu’individu et société, il est urgent de voir grand, de ne pas rester dans son coin, engoncé dans ses peurs. Si Greta T. peut le faire, nous aussi, non ?

« Ce n’est pas la critique qui compte, ou la personne qui pointe l’homme qui a trébuché, ou explique comment on aurait pu faire différemment. Le mérite revient à la personne qui est dans l’arène, dont le visage est couvert de poussière, de sueur et de sang, qui combat vaillamment, qui porte un message, qui montre ses limites, encore et encore, et qui à la fin, qu’elle réussisse triomphalement ou qu’elle échoue, a au moins grandement osé. »

Theodore Roosevelt, 1910.

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