Kit de survie naturo en campagne électorale


Naturopathie, Vivre la ville / dimanche, janvier 19th, 2020

Peu de temps et tant de choses à dire. Cela fait plus d’un mois que je souhaite écrire ce billet, mais c’est finalement avec quelques semaines de « recul » que je m’y attelle. La campagne électorale pour les municipales de mars 2020 bat son plein et j’y suis impliquée à 300%. Cet engagement a bouleversé mon rythme, celui de ma famille, et a remis à plat (ou en perspective, c’est selon) de nombreux aspects de ma vie, sur tous les plans. Ce que je vous propose ici n’est pas une revue exhaustive de ces changements et réflexions induites, mais un aperçu des objectifs que je me fixe pour garder le cap en cette période de sollicitation intense.

1 – Le carburant du corps : l’alimentation

Inutile de vous faire un dessin. Passer d’une alimentation à 90% maison et préparée minute, avec jeûne intermittent quotidien de 16h et repas dans le calme, à des horaires de repas erratiques, des viennoiseries le matin le smartphone à la main, des repas pris sur le pouce et des petits fours avalés à la hâte entre deux rendez-vous, il y a… un monde. Je ne vous parle même pas de l’alcool ou du tabac, même à dose modeste, synonymes de pauses conviviales et d’un semblant de lâcher-prise.

De ce point de vue, mes premières semaines de directrice de campagne ont été non point catastrophiques, mais déstabilisantes. Doucement, je retrouve un rythme : je m’assois sur le nombre restreint de repas, mais je veille à ne surconsommer ni viande, ni alcool ni sucre, et surtout, je fais attention à mes sensations de satiété. Quand on est moins regardant sur le contenu de l’assiette, il est important de rester connecté.e à son corps et à ce dont il n’a pas besoin. Sachant que l’alimentation, en période de stress, peut complètement déraper et devenir une compensation contre-productive. Car qui dit « mauvaises » qualité et quantité de carburant, dit fatigue de la machine. Or, quoi de plus précieux que l’énergie disponible dans ces moments de surchauffe ?

2 – Des temps de pause et de repos

Quand on est occupé.e 14h à 16h par jour, par son travail, par les enfants, par les sollicitations incessantes, les systèmes nerveux et endocriniens sont mis à rude épreuve. Passer d’un sujet à un autre, apporter à chacun.e l’attention qu’elle ou il mérite, se déplacer plusieurs fois dans la journée, à vélo et dans le froid, conserver une vision mentale à 360% sur tout ce qu’il convient d’accomplir dans la journée, la semaine ou la période, tire fortement sur les réserves d’énergie. Or, en fonction des capacités adaptatives de chacun.e, des temps de pause sont nécessaires pour recharger un minimum les batteries.

Plus on tire sur la corde en continu, plus elle risque de casser avant que l’on ait atteint ses objectifs. Ce qui, dans le cas d’une campagne à durée déterminée, avec un enjeu très fort, serait vraiment dommageable. Chacun.e a sa méthode pour reprendre des forces sur le plan physique. La meilleure est, de mon point de vue, une attention portée au sommeil de qualité. Ce qui implique de ne pas regarder des séries en rentrant de réunion à 23h (oups) ou de dormir le smartphone allumé à côté de son oreiller. Quand j’ai démarré, je me réveillais à 5h30 ou 6h pour lire la presse, répondre aux mails, faire le tour des réseaux sociaux. Désormais, je dors jusqu’à 7h et, autant que faire se peut, je fais des câlins à mes enfants avant d’allumer mon téléphone, que j’éteins complètement la nuit. Deux adages : « A l’impossible nul n’est tenu » et « qui veut aller loin ménage sa monture »…

Pendant la journée, faire des pauses est souvent très compliqué. Mais, si je ne m’accorde pas quelques minutes toutes les trois ou quatre heures, ne serait-ce qu’aux toilettes (no comment), mon cerveau grille à 16 ou 17h, quand la journée est encore loin d’être finie. Ce qui m’amène à…

3 – La nécessaire reconnexion à soi-même

Un impératif dont j’ai appris les bienfaits dans les livres, sur la méditation, le zen ou le yoga, et dont j’ai compris l’importance en la pratiquant régulièrement dans mon quotidien ces dernières années. La reconnexion à soi, c’est, le temps d’une respiration ou d’une pause plus longue, « se recentrer » sur son corps, se « réaligner » sur ses sensations, prendre conscience de son état émotionnel. A cet instant, comment est-ce que j’habite mon corps (bodyscan) ? Suis-je dans la caricature de moi-même, en référence à mon type ennéagramme par exemple ?

En prenant plusieurs longues inspirations, en m’extrayant de l’environnement, de tout ce qui relève de la perception que j’ai de ce qui m’entoure, je fais le point. Les premiers temps, je ne prenais pas la peine de faire cet exercice, toute accaparée par l’excitation du challenge et de la nouveauté. Mais bien vite, j’ai pris conscience de cette limite : si je ne reviens pas en moi-même, je suis emportée dans le tourbillon des effets miroirs émotionnels et je suis dans la réaction. Or, ce n’est pas dans cette situation que l’on fait les meilleurs choix. Faire un pas de côté, prendre un peu de hauteur permet de régler plus efficacement les problèmes qui apparaissent (voire disparaissent parfois d’eux-mêmes).

4 – Appliquer les quatre Accords toltèques

C’est LA clé. J’en parlais dans mon billet sur la vulnérabilité, mais j’en reparle bien volontiers à nouveau. « La parole impeccable », d’abord. Cette proposition, si incongrue dans le monde politique, consiste à ne dire du mal ni des autres, ni de soi-même. Même si ma langue fourche de temps en temps, l’intention de bienveillance est là. Le second accord, « ne jamais faire de supposition », peut sembler contraire au principe même de stratégie politique ! Néanmoins, dans les relations, il permet de ne pas se mettre en rogne inutilement et de préférer toujours l’échange, le fait de questionner l’autre, sans porter un jugement a priori. Précieux.

Le troisième accord est celui qui me sauve au quotidien. C’est celui sur lequel j’ai encore à énormément travailler, mais dont le mantra m’accompagne chaque heure de chaque jour : « Ne jamais rien prendre pour soi ». Ni les sous-entendus malveillants, ni les mauvais retours, ni les pires critiques, qui me sont adressées ou à ceux qui m’entourent. Le quatrième accord, « toujours faire de son mieux », découle du niveau d’énergie dont je/nous disposons et nous renvoie aux points 1, 2 et 3 ci-dessus.

5 – Course de vitesse ou marathon ?

En naturopathie, tout est affaire d’équilibre. Equilibrer son quotidien, c’est pouvoir sortir de soi-même et savoir revenir auprès de soi. Ecouter et parler 80% de la journée, faire silence le reste du temps, par exemple pendant un trajet à vélo ou en tram. C’est lâcher prise sur certains plans (le ménage, les horaires, les steak-frites, les écrans…) et rester en maîtrise relative sur d’autres aspects de sa vie (l’attention portée aux proches, la consommation de fibres et de légumes, le sommeil…). Plus l’équilibre est bon, plus on peut envisager de se projeter loin.

Or, pendant une campagne électorale, on est à la fois dans une course de vitesse et un marathon. On a le pied sur l’accélérateur en permanence, mais la route est relativement longue. Outre ce qui précède, pour « tenir », je recommande une ou deux demi-journées et/ou soirées off par semaine (une gageure) et, surtout, le soutien des siens.

Quoi de plus précieux que les regards doux, les encouragements, les coups de main, le baby-sitting, la (relative) tolérance face aux coups de mou ou aux coups de sang ? Une campagne électorale est une aventure humaine ultra-complexe. Les relations, notre rapport à nous-mêmes et aux autres, les liens tissés dans l’action, sont au cœur du dispositif. Sans tomber dans l’incantation cul-cul, ce sont eux qui nous redonnent de la force. Alors, à toutes et tous, ils et elles se reconnaîtront, un immense merci (d’avance).

4 réponses à « Kit de survie naturo en campagne électorale »

  1. Merci Marie,

    vous savez si bien traduire en mots ce que je devine, intuitivement, mais ne peux exprimer ainsi. Bon courage, de tout coeur avec vous , cordialement

Répondre à odile Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *