Journal de confinement #8 : naturopathie et coronavirus, (encore) un faux débat


Journal de confinement / mardi, mars 24th, 2020

J8. Jour après jour, à la faveur de cet arrêt forcé, je renoue avec mon corps. Plusieurs tapis de yoga se partagent le salon. Tous les quatre, chacun notre tour, en réquisitionnons un, pour quelques minutes ou un peu plus. J’ai ressorti des limbes « Le yoga du corps et de l’esprit », bible moderne des yogis Sivananda, potassé au printemps dernier, en prévision du Teacher Training Course que je n’ai finalement pas suivi en janvier, occupée que j’étais à faire de la politique. Après des mois de stress et de travail non-stop, je prends conscience de mon niveau de forme, moyen, de ces muscles laissés en jachère, du manque d’hydratation, des addictions revenues au galop.

Remonter mon niveau profond d’énergie

Plutôt qu’un programme strict, je reste à l’écoute. Que puis-je faire pour remonter mon niveau profond d’énergie ? Non pas celui lié à la lumière extérieure, aux projets exaltants ou aux envies soudaines ; non pas l’énergie nerveuse, qui peut être remontée en une bonne nuit de sommeil, une séance de cohérence cardiaque, de sophrologie ou de psychothérapie… Cette énergie à recharger, dans mon cas, bien souvent notre cas à tou.te.s, c’est celle qui pulse dans nos glandes endocrines, nos surrénales, notre thyroïde, nos gonades. Celle qui, une fois épuisée, peut nous mener au burn out et nécessite des mois de repos avant de pouvoir repartir à l’assaut du monde.

D’abord, le repos ; ça tombe bien, on ne croule pas sous les sorties nocturnes ou les activités extérieures. Dormir, loin des écrans, dans une chambre aérée, désencombrée, suffisamment d’heures d’affilée (7 à 9 en fonction des besoins), première clé. Ensuite, l’alimentation. Après des mois à chercher les légumes sur les cartes des restaurants, tous les midis ou presque, à grignoter des chips dans les réunions d’appartement, à m’empiffrer de brioche deux matins sur trois, à établir finalement la balance bénéfices-risques au profit d’un équilibre précaire mais semi-durable, je reprends en mains mon hygiène de vie, et ça fait du bien. Je réduis considérablement cette dissonance cognitive, parfois difficile à assumer ces derniers mois.

S’alléger de ses addictions, en réduisant le stress

Le matin, un jus à l’extracteur, avec une base de pomme (une seule pour trois verres !) et un légume vert : céleri-branche, épinards ou chou, plus un peu de citron, de gingembre ou de curcuma. J’évite de mélanger les trois. Jeûne intermittent bien sûr (deux repas par jour et pas de grignotage ou quelques fruits secs ou un fruit), viande une fois par semaine max et des portions réduites. S’alléger de ses addictions, en conservant pour le moment un peu de laitages et de sucre (moins, beaucoup moins que ces derniers temps…). L’alcool (vin rouge) est banni depuis J5, et pour deux semaines au moins. Restent les cigarettes, trois-quatre par jour. Elles débarrassent le plancher en fin de semaine (ouf).

Je peux désormais faire ce ménage interne – avec petit jeûne bientôt – parce que je travaille sur mon niveau de stress et de confiance, améliorant ma capacité à me projeter et à peser sur la suite de ma propre existence. Réduire le stress et améliorer la confiance, en pleine crise sanitaire, confiné.e.s entre quatre murs pour une durée indéterminée (deux mois ?) : pas facile, c’est vrai, mais c’est là que la naturopathie est d’une grande aide. L’autonomie qu’apporte la naturopathie et la connaissance des mécanismes homéostatiques du corps réduisent considérablement l’angoisse et permettent de voir venir de façon plus sereine…

La naturopathie n’est pas (encore) une profession de santé

Dès qu’il s’agit d’autonomie individuelle ou collective, le mainstream gronde. Sur France TV, j’ai entendu un chroniqueur accuser de charlatanisme un pharmacien qui proposait sur son site un protocole homéopathique pour se protéger contre le COVID-19. Et le chroniqueur d’ajouter que les « médecines douces » étaient dangereuses en cas d’épidémie, puisque – en substance – elles feraient croire aux patients / clients qu’ils n’ont pas besoin de se tourner vers la médecine allopathique en cas de symptômes (lesquels ?). J’ai senti poindre l’agacement. Euphémisme.

Quand on parle santé, on nous rétorque maladie. Or, c’est vrai, la maladie n’est pas du ressort du naturopathe. En tout cas, pas en France. La naturopathie pourrait devenir une profession de santé dans le futur, comme c’est le cas notamment aux Etats-Unis ou en Allemagne, mais nous n’en sommes pas là. En période de confinement par exemple, vous ne pouvez donc pas justifier d’une sortie pour raisons de santé afin d’aller consulter votre naturopathe.

Ce qu’un naturopathe ne fait pas

Pour rappel et pour enfoncer le clou, au cas où des soupçons planeraient encore : dans l’Hexagone, le naturopathe ne prend pas en charge les pathologies. Il ne soigne pas non plus. S’il s’y risque, il peut être sévèrement puni. Educateur.trice de santé, il.elle accompagne ses client.e.s dans l’amélioration de leur hygiène de vie, dont découle notamment l’état du système immunitaire, si important dans la résistance aux virus et bactéries. Donc, une consultation naturopathique ne garantit évidemment pas d’échapper au COVID-19, ou à n’importe quelle autre maladie. (Même un médecin ne peut pas vous faire une telle promesse.) Au cas où ce serait encore flou, je récapépète ce qu’un naturopathe ne fait pas :

  • il ne pose pas de diagnostic et ne prescrit jamais de traitement médical,
  • il n’interrompt jamais un traitement médical, paramédical ou un suivi psychologique,
  • il ne manipule pas physiquement une personne et ne pratique jamais de geste médical exploratoire ou chirurgical. Il ne dissuade jamais d’aller consulter un médecin, bien au contraire,
  • il ne transmet pas les informations délivrées au cours d’un entretien naturopathique à un tiers, vos données restent confidentielles, le naturopathe est tenu au secret professionnel.

Des consultations à distance

Ce que chacun.e peut faire, en revanche : prendre soin de soi (dormir, manger des légumes, s’aimer et aimer ses proches…), ou apprendre à le faire à la faveur de cette période particulière. Les informations sur le net ne manquent pas, je vous en apporterai au fil des jours. Vous pouvez également lire certains ouvrages de références en ligne.

Pour un suivi personnalisé, un certain nombre de naturopathes commencent à proposer des consultations à distance. C’est le cas par exemple de Lucile Jacquot, l’amie chez qui j’envoie mes client.e.s depuis quelques mois. Peut-être me lancerai-je, qui sait ! Intéressé.e.s ?

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