Journal de confinement #6 : mes racines domestiques repoussent


Journal de confinement / dimanche, mars 22nd, 2020

J6. Dimanche 22 mars 2020, une date-couperet depuis des mois. Un seuil psychologique entre l’avant et l’après. Une charnière qui signe un désengagement (provisoire) de l’action. Depuis hier, j’observe nettement la repousse de mes racines domestiques. J’ai repris mes habits de tous les jours, ceux de l’avant-campagne électorale, mes sweat-shirts, vieux jeans et chaussettes de laine. Mes habits d’écriture, de mère à temps quasi-plein, d’étudiante, d’intellectuelle. Pas vraiment ceux de naturopathe, signe que ces habits-là ne sont pas tout à fait les miens ou qu’il va me falloir un peu de temps pour les défroisser.

Quelle que soit la suite, passée la sidération et le freinage d’urgence, je reconquiers mon royaume : j’ai entamé le tri des armoires et le grand ménage de printemps. J’ai sélectionné mes sites d’infos (j’y reviendrai), ralentis le rythme des consultations mail et Facebook, me suis laissée tentée par le binge watching et en suis vite revenue. Netflix et OCS, deux-trois heures par jour max. Remettre en place quelques horaires, pour notre santé physique et psychique familiale, faire « travailler » les enfants (finalement), jouer avec eux et lire pour eux.

« Journal d’une quarantaine à Pékin »

Demain, le ministre de la Santé nous informera de la durée probable du confinement. Quatre, six semaines ? Je me projette, relisant ces lignes dans un mois, curieuse de l’évolution de mon état d’esprit et de mes activités quotidiennes après des semaines à la maison. Surtout après avoir regardé ce « Journal d’une quarantaine à Pékin », reportage tourné au téléphone portable par un couple franco-chinois, claquemuré dans un quartier résidentiel de la capitale où sévit la police politique, reconvertie en police sanitaire.

Marc, lui, s’interroge sur l’approvisionnement général, avec la gronde des transporteurs routiers. Je n’y pense pas trop. Détachée totalement des consommables jetables (pas de PQ, de coton, d’essuie-tout ou de serviettes hygiéniques chez nous), habitués à nous fournir principalement en produits frais chez le maraichers du quartier, notre famille n’a pas grand-chose à craindre de la rétractation des stocks de supermarché.

Je rêve d’un club de lecture sur la résilience

Vivre au jour le jour, je m’y fais. Je commence tout juste. Je rêve même d’un club de lecture, à la manière des book clubs anglo-saxons, forcément sur les sciences humaines, peut-être sur l’écologie politique et la résilience, la douance, le développement personnel, ou un peu de tout ça, qui ferait la part belle aux essais, aux revues (de presse) qualitatives, aux romans et aux témoignages… En attendant de sortir de ma prison dorée pour monter ce club (hiiii), je me réjouis de passer le reste de mon après-midi à trier ma bibliothèque (ou ce qu’il en reste) pour établir ma liste de lecture des prochaines semaines.

Je reposte quelques liens du site pour stimuler votre envie de tri. On ne sait jamais, entre deux séances d’école à la maison / télétravail / popote-ménage-courses / séries télé… 😉

Une réponse à « Journal de confinement #6 : mes racines domestiques repoussent »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *