Journal de confinement #30 : clore ce chapitre et embrasser une nouvelle réalité


Journal de confinement / jeudi, avril 30th, 2020

J45. Un signe ? Trentième épisode du journal, 30 avril 2020. Près de sept semaines après le premier tour des municipales et notre grand enfermement. Ce billet sera le dernier de cette série. Même si la période de confinement n’est pas terminée, que notre vie n’est pas prête de reprendre son cours normal, mais s’écoule désormais à son rythme naturel, c’est la fin d’un cycle. La suite se structure dans mon esprit ; la sensation de deuil, l’impression désagréable de flottement, l’incertitude et l’impossibilité de (tout) contrôler s’évanouissent peu à peu. Et j’en suis soulagée, moins oppressée.

Garder les enfants à la maison en mai (au moins)

Explications, c’est l’énergie du déconfinement qui vient, mais également le yoga quotidien depuis une quinzaine de jours (énorme bénéfice !), le séquençage mois par mois qui se précise, avec une visibilité minimale sur mai et l’assurance (?) relative que la chape de plomb va s’alléger. Notre famille recomposée a pris la décision de garder les enfants à la maison tout le long du mois de mai, nous qui vivons dans une région probablement « rouge » où le virus circule encore beaucoup. Le télétravail est possible pour nous, père, mère et beau-père, le temps de voir venir. Même la classe à la maison devient facile voire agréable, c’est dire qu’on s’habitue à tout, ha ha ha !

Etonnant comme la simple perspective de pouvoir à nouveau marcher des heures à plus d’un kilomètre de chez soi, de ne pas être obligé.e de signer un mot de sortie à chaque fois qu’on descend sa poubelle (je déconne à peine) et la possibilité d’aller acheter des fringues à ma pré-ado qui a pris deux tailles cet hiver m’emplissent de joie ! Peut-être ai-je enfin abdiqué. Nos vacances d’été ne ressembleront pas à ce que j’avais projeté, le temps professionnel est délayé, le temps familial densifié, mais ça me glisse dessus. Plus rien n’est vraiment grave ou triste.

Poème d’Alice – 29 avril 2020

Même les histoires de masques, de traçage ou de récupération politicienne ne m’agacent plus vraiment. Aujourd’hui, tout spécialement (alors que j’ai enfin mon abonnement Disney + avec les Marvel et tout et tout !!!), ces questions ne me touchent pas. Elles me feraient plutôt rigoler. J’en suis étonnée, ravie, je savoure. J’espère que ça va durer. J’écoute régulièrement discourir mes « lanceurs d’alerte » habituels, mixe leur message naturopathique forcément décalé (subversif ?) avec la vision pasteurienne extrême de certains de mes proches et des médias mainstream. Je fais ma tambouille, prends de la distance (mais m’agace de ce que Marc ne se lave pas les mains tout de suite après avoir passé la porte – je ne suis pas à une contradiction près).

Sortie de mon livre de balades fin mai !

Je me réjouis aussi de la sortie de mon livre de balades nature à Strasbourg, prévue pour la fin mai. Je vous en dirai plus dès que possible ! Même si la promo de ce guide s’annonce très différente de celle d’une sortie classique, je me dis qu’il ne pouvait pas tomber plus à pic : il va vous permettre de découvrir les chemins creux strasbourgeois et des communes alentours, après plusieurs mois passés entre quatre murs. Ces prochaines semaines, quel meilleur projet que de (re)découvrir les aménités de notre propre ville ?!

Les lignes ont forcément bougé. Pour tout le monde, même pour celles et ceux dont le rythme n’a pas fondamentalement changé, dont le travail ou la vie de famille n’ont pas été fortement impacté.e.s. Je pense bien sûr à celles et ceux qui ont trimé dix fois plus que d’habitude, qui vivent ou ont vécu les angoisses de la maladie, peut-être perdu des gens qu’elles et ils aimaient, sans trop de culpabilité ; ça change.

Nous avons repoussé nos limites

Une nouvelle réalité se fait jour : nous avons repoussé nos limites, individuellement et collectivement. Si l’on en prend conscience, si on l’accepte (!), cette nouvelle vision de nous-même et du monde peut nous ouvrir les portes d’un quotidien plus vif et coloré, d’un ego plus souple, comme après une longue et profonde méditation.

Toujours un peu groggy, attentive à mes humeurs, forcément plus qu’avant, je commence à observer du positif dans tout cela. Même si je ne peux pas embrasser ma grand-mère, reprendre mon travail ou sentir les embruns bretons sur mon visage. Tout de suite. Ce qui doit advenir… Vous connaissez la suite. Je vous transmets toute ma gratitude pour avoir suivi avec assiduité les hauts et les bas de mes états d’âme, donné vie à ce journal qui, comme d’habitude, m’a sauvée. <3 <3 <3

Une réponse à « Journal de confinement #30 : clore ce chapitre et embrasser une nouvelle réalité »

  1. Merci beaucoup pour votre témoignage, votre plume si juste, alors que les évènements nous étouffaient tous, ….
    Honnêtement, j’ai eu besoin de reprendre une bouffée d’air parfois,
    tant la déprime pouvait être contagieuse….
    par empathie ou par ambiance collective ????
    OUF, nous reprenons une bouffée d’oxygène…..
    ESPOIR, nous avons surmonté des épisodes inimaginables encore peu….
    Que nous réserve l’avenir ?
    Confiance malgré tout….. remontons la vague …. après toutes ces expériences inédites….. vivement des sorties au vert sans  » bons de sortie » et grâce à de nouvelles lectures passionnantes .
    Cordialement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *