Journal de confinement #28 : accueillir toutes les émotions, se réjouir des avancées


Journal de confinement / samedi, avril 25th, 2020

J40. Déjà près de six semaines. J’avoue que ce n’est pas facile, sur aucun plan. Je ne sais pas vous, mais moi j’ai pris deux kilos et des cacahouètes – excellente idée d’être allée acheter des piles pour la balance -, des fourmis dans les pieds, le moral et la motivation dans les chaussettes ou à mi-chemin ; il et elle remontent et puis redescendent, cette fameuse vague dont il a souvent été question ces dernières semaines.

Je ne vais pas vous refaire le topo, mais le drapeau est régulièrement en berne. Et puis, je relis mes billets précédents et notamment celui où il est question des mots de Franck Lopvet : « Ranger sa maison [check], ranger son cerveau [work in progress], ne pas chercher une méthode pour moins souffrir [not done], mais profiter de cette pause, de cette parenthèse. Tant qu’on n’aura pas abdiqué, on sera coincé chez nous [effectivement] ».

Nouvelle bataille victorieuse contre ma béquille favorite

Je n’ai toujours pas abdiqué, je m’énerve bêtement un jour sur deux ; je suis encore « coincée », mes émotions négatives étalées, bien visibles, en toile de fond. Une profonde respiration, inspir- et expir-, les mots doux de mon amoureux et de ma sœur, leur grande confiance en moi, votre présence aussi, me convainquent que j’ai, que nous avons les outils pour accueillir ce qui se passe en nous, il suffit de les (re)mettre au centre du champs et de les activer. Accepter de sentir, profiter du temps qui nous est « offert », que nous nous sommes offert peut-être, et acter les avancées.

La première avancée pour moi, c’est une nouvelle bataille victorieuse contre ma dépendance au tabac, ma béquille privilégiée. J’avais laissé la cigarette me consoler de mon stress et de mon syndrome de l’imposteuse ces derniers mois, dans la foulée d’un été au fond de mon paquet de tabac. La reprise au mois de juillet, après six mois sans nicotine, était survenue comme d’habitude, un soir de ras-le-bol, de doutes et de fragilité.

Cela fait un mois que j’ai (re)arrêté. J’ai écrasé la dernière une dizaine de jours après le début du confinement. Le sevrage a été plus difficile que le précédent, avant tout parce que je n’ai pas pu appliquer ma technique favorite : le mouvement. Avant que les substances addictives n’aient quitté l’organisme, on peut ressentir un manque, un creux, une tension très forte. Surtout quand on est confiné, baigné dans une ambiance anxiogène, privé de stratégies de diversion telles que la randonnée, les sorties culturelles ou entre ami.e.s, le sport organisé, etc.

Cocher les jours, m’écrire des messages d’encouragement

J’ai tenu mon engagement, malgré l’envie, revenue à plusieurs reprises, après un coup de fil de boulot, dans un moment de profond ennui ou de colère. Mes trucs : cocher les jours, m’écrire des petits messages d’encouragement, échanger avec mes proches et surtout, me reprogrammer : non, je ne serais pas durablement moins en colère si je fumais, non, je ne me sentirais pas mieux dans mes baskets plus que quelques minutes après avoir écrasé une cigarette, oui, mon image de moi en serait à nouveau altérée, oui, je me sentirais en moins bonne forme physique et, en sus, coupable de persévérer dans une habitude qui n’est qu’une béquille masquant des difficultés personnelles à accepter, voire, mieux encore, à régler.

Autre avancée, corrélée à la précédente, celle de me bouger physiquement. Je me suis remise au yoga, d’abord seule, puis en suivant des cours en ligne. J’ai fait un peu de jogging, n’en déplaise à celles et ceux qui assimilent les joggers à de dangereux criminels. J’ai recommencé à prendre soin de moi, avec des jus et des moments de pause, des massages bien-être à l’huile, donnés et reçus en famille, des bains hyperthermiques pour évacuer les toxines, etc. J’ai aussi mangé pas mal de chocolat et de fromage (faut ce qu’il faut). Et pris du poids, bon.

Mon vécu comme caisse de résonance

Sur ce chemin comme sur celui du changement en matière d’hygiène de vie en général, je ne prétends pas être un modèle. Ces partages n’ont vocation qu’à inspirer ou rassurer ceux et celles d’entre vous qui ont besoin de s’identifier, d’échanger sur nos vécus individuels. Quand je vous accompagne en tant que naturopathe, c’est à partir de votre expérience, de votre ressenti que nous avançons, même si je prends appui sur les mien.ne.s pour faire caisse de résonance.

Je vous remets le lien de l’article récent du site The Conversation sur l’arrêt du tabac : « La pandémie de coronavirus, une occasion supplémentaire d’arrêter de fumer », qui bat en brèche les infos diffusées ces derniers jours à propos de la nicotine et de son effet supposément protecteur face au COVID-19. Un autre lien vers Doctissimo, qui consacre une page à l’arrêt du tabac par temps de confinement. Même si je n’adhère pas à tout (notamment la prise de substituts), ces quelques pistes sont intéressantes.

Je reste à votre disposition pour toute consultation sur ce sujet (comme sur d’autres). Très bon week-end à toutes et tous !

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