J’arrête de fumer avec la naturopathie [1/3]


Naturopathie / lundi, décembre 17th, 2018

« Je peux d’autant plus facilement détendre les gens qui n’ont pas une hygiène de vie parfaite, que j’ai moi-même une très mauvaise habitude, je fume… » Dans la bouche de Patricia*, première naturopathe que j’ai rencontrée, l’une de celles qui m’ont donné de goût de ce métier, cette phrase porta et porte toujours un double sens pour moi :

  1. La naturopathie donne les clés de l’équilibre et de la santé, sur tous les plans de l’être, physique, émotionnel et mental ; et pas une loi rigide applicable à tous, uniformément, sur la base de l’hygiène du corps uniquement. Ce qui apparaît juste sur le plan physique est parfois impossible à tenir sur le plan émotionnel, et vice versa. Chacun porte son histoire, ses contradictions, ses fêlures. Et vivre avec la naturopathie veut dire accepter, réparer, équilibrer.
  2. Pour être un.e naturopathe inspirant.e et aidant.e, pas besoin d’être en contrôle permanent, de donner une image de perfection, d’apparaître sans vice aucun. Chacun « compense » à sa manière les difficultés, les frustrations, les contrariétés de la vie ; et il est illusoire pour le praticien de vouloir faire croire le contraire pour être plus crédible auprès de ses consultants.
    Au contraire, vivant ou ayant vécu parfois des épreuves similaires, le praticien de santé est d’autant plus à même d’aider son consultant, de comprendre sa peine, sa démarche ou ses rechutes.

Mon histoire avec le tabac

Mon histoire avec le tabac a commencé très tôt. Mon père fumait beaucoup, à la maison, dans la voiture, partout, tout le temps. Alors qu’il venait d’arrêter, j’ai tiré mes premières taffes vers 13-14 ans lors de voyages scolaires en Angleterre, puis au collège, avec les copains. Une transgression, une appropriation prématurée du statut d’adulte, des « respirations » (!) quotidiennes dans ma vie d’étudiante puis de jeune active. Entre 15 et 25 ans, j’ai fumé 15 à 20 cigarettes par jour. M’offusquant des restrictions progressives dans les lieux publics, les restaurants, les institutions, ne tolérant aucune entrave à l’assouvissement de mon addiction.

Après mon (premier) mariage, j’ai arrêté la pilule et la cigarette en même temps, au prix de quelques semaines de sevrage très difficiles. Pas de patch, de gomme à la nicotine ou de séances d’acupuncture, la seule lecture du célèbre opus d’Allen Carr « La méthode simple pour en finir avec la cigarette » et une patience infinie de la part de mes proches m’ont permis de passer le cap. Mais j’ai pris 2 kilos (avant d’en prendre 18, enceinte, quelques mois plus tard) et me suis ponctuellement reportée sur l’alcoolisme mondain pour compenser mon stress, mon mal-être, mes sautes d’humeur.

Sans accompagnement particulier, j’ai vaincu mon conflit intérieur « arrêter de fumer / continuer à fumer » grâce à un seul objectif : celui d’avoir un bébé et de ne pas l’intoxiquer pendant ou après ma grossesse avec un tabac extrêmement nocif pour lui. Cette « volonté » de porter un enfant, de ne pas lui faire de mal, m’a permis de surmonter cette transformation de mon mode vie, cette période durant laquelle, ex-fumeuse, je ne savais plus vraiment qui j’étais.

Rechutes, ambivalence, culpabilité

Six ans, deux marmots et un divorce plus tard, j’ai repris une cigarette, puis deux, puis trois, un soir de déprime amoureuse et de bringue estivale avec des copines. C’était en 2013. Depuis plus de cinq ans, donc, j’alterne les périodes avec tabac et périodes sans tabac (majoritaires), fumant quelques cigarettes par semaine, puis par jour, avant de ré-arrêter, pour reprendre un an après. Le mécanisme de rechute est toujours le même : je ressens une fragilité – un rejet, bien souvent – c’est l’été, le temps des apéros, ou la période de Noël et du vin chaud, un fumeur me tend une cigarette, je me dis « juste une » et c’est reparti pour un temps.

Cette première cigarette, celle de la rechute, me procure toujours une double sensation : côté ombre, elle m’étourdis et me râpe un peu la gorge, me culpabilise aussi beaucoup ; côté lumière, elle me « pause », me ramène un peu chez moi, m’assure, paradoxalement, que je suis encore libre, que je peux m’offrir cette parenthèse, ce petit accroc à mes principes. Ambivalence terrible.

Immunité, capacités respiratoires et troubles ORL

En cette fin d’année, je décide – à nouveau – d’en finir avec cette drogue dure, qui fait couler mon nez, me fait venir les boutons, m’affadit le teint, diminue ma capacité respiratoire et mon immunité (les forces dont dispose mon corps pour se défendre), chélate/consomme mes réserves de vitamines et de minéraux, augmente mes chances de développer un cancer de la sphère ORL et, last but not least, me garantit une haleine de bouc. Cette fois, j’ai la naturopathie à ma disposition, ses 10 techniques, sa vision globale de mon addiction.

L’expérience aidant, je sais que, rendue de 3-4 à 15-20 cigarettes par semaine depuis cet été, les symptômes de sevrage de ma dépendance physique seront de courte durée, deux à trois jours tout au plus. Mais, pour éviter une énième rechute, je dois changer en profondeur ma vision de moi-même et du tabac : depuis l’adolescence, j’identifie la cigarette comme une béquille positive dans ma vie, malgré tout ce que je sais et perçois de ses méfaits immédiats et de ses dangers à moyen terme. Il est central d’analyser et de faire évoluer cette perception de mes besoins et de mon identité.

Des livres et un accompagnement naturo

Outre les nombreux livres de développement personnel, qui me permettent l’exploration progressive de mes motivations et de mes failles profondes, m’aident à dissocier mon image sociale et mon égo de mon moi réel, je me suis récemment procurée deux livres :

  • « Se libérer des dépendances » de Deepak Chopra. A la fois spirituel et pratique, ce petit ouvrage décrit les mécanismes des différentes dépendances et les façons de s’en défaire, en reprenant contact avec soi-même. Méditation, yoga, respiration, sons et arômes… La détox est abordée sur tous les plans de l’être.
  • « Les meilleures méthodes naturelles pour arrêter de fumer » de Claudine Luu et Anne Fournier, un livre pratique qui liste les effets du tabac et les symptômes du sevrage, pour proposer des approches phyto (plantes) et aroma (huiles essentielles), nutrithérapeutiques (vitamines et minéraux en compléments alimentaires, familles d’aliments) ou homéopathiques (granules).

Au cours des prochains jours ou semaines, je vous proposerai deux billets dans cette même série. L’un sur les différentes techniques de sevrage que j’utilise et qui fonctionne pour moi, l’autre sur les ressources en naturopathie et/ou médecines complémentaires qui peuvent vous être bénéfiques dans une démarche globale, holistique, de libération des dépendances.

* Patricia Kempf, naturopathe à Obernai, est décédée fin novembre 2018 à l’âge de 50 ans. J’ai été très surprise et peinée par cette nouvelle et transmets à sa famille et à ses proches toute mon amitié et mes condoléances. Je l’avais revue au printemps de cette année. A cette occasion, elle m’avait encouragée et beaucoup touchée en me disant : « Tu seras une bonne naturopathe, tu sais écouter les gens ». Merci à toi, Patricia, pour ta générosité et ta bonne humeur !

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