Des romans (légers) à la découverte de soi


Développement personnel / lundi, février 18th, 2019

Des années que je n’avais pas lu un bouquin de chick lit, ce genre exclusivement adressé aux femmes, plus jeunes et bobos que le lectorat de feue Barbara Cartland. Il y a 10 ans, dans mes mid-twenties, j’en dévorais à la pelle, avec pour thèmes centraux la recherche du prince charmant bien sûr, le consumérisme effréné, les amies délurées, la maternité compliquée ou le taf branché. Le tout se déroulant généralement à Londres, Paris ou New York, dans un cadre glamour, façon « Coup de foudre à Notting Hill ».

Dix ans et plus ont passé, dix ans de passion pour les polars, les essais politiques, économiques ou écologistes, les bandes dessinées engagées, les ouvrages de santé naturelle et, plus récemment, ceux de développement personnel. (Sans oublier beaucoup de comédies romantiques au ciné ou sur Netflix, on ne se refait pas…)

Romans feel good aux titres à rallonge

A ce stade – il y a encore quelques semaines – j’étais vierge de tout combo « roman féminin + développement personnel ». J’étais passé à côté de Raphaëlle Giordano et de tout autre roman feel good au titre à rallonge. Et puis, d’aucuns m’ont conseillé coup sur coup le dernier livre de Laurent Gounelle, « Je te promets la liberté » (Calmann Levy), sur le thème de l’ennéagramme (je parle un peu de cette grille de lecture des types de personnalités ici…), et celui de Véronique Maciejak, « N’attends pas que les orages passent et apprends à danser sous la pluie » (Eyrolles). C’est l’autrice elle-même, avec qui j’ai sympathisé en formation à l’ennéagramme (synchronicité !), qui m’a donné envie de lire son premier roman, sorti en janvier 2019.

Avant de lister les pour et les contre du genre, je dévoile rapidement quelles ont été mes impressions sur ces deux romans : j’avoue, à regrets, avoir un peu peiné à la lecture de celui de Laurent Gounelle. L’écriture et surtout l’histoire, celle d’un journaliste qui recueille les aventures de jeunesse d’une artiste très âgée, ne m’ont pas embarqué. Le seul (mais grand) intérêt de ce roman, m’a-t-il semblé, est de faire découvrir « de l’intérieur », par le vécu de l’héroïne, les différents types de personnalités décrites par l’ennéagramme et de donner quelques pistes de réflexion sur la voie du bonheur et de l’équilibre intérieur.

Au contraire, j’ai lu le roman de Véronique Maciejak d’une traite, en moins de 24 heures ! Je me suis facilement identifiée à l’héroïne (journaliste – encore ! – en mode « paillasson » au boulot, facilement culpabilisée, qui découvre au fil de l’histoire quelles sont ses aspirations et quel peut être son chemin de vie) et j’ai été captivée par l’intensification progressive de son travail intérieur au fil du récit. Une belle première pour la jeune autrice !

Le développement personnel contextualisé

Les + de ce nouveau genre littéraire :

  • la forme romanesque permet de familiariser la lectrice (ou l’éventuel lecteur) aux concepts de développement personnel, tels que la pensée positive, les types de personnalités (ennéagramme), la communication non-violente, le libre choix ou l’expression artistique, de façon légère et facile d’accès.
  • Les méthodes de développement personnel sont contextualisées dans la vie de l’héroïne et leurs applications plus concrètes  et compréhensibles que dans un essai, même particulièrement accessible ou inspirant. Il n’est pas toujours facile d’expliquer de façon théorique ce que sont par exemples l’expression de la gratitude ou le fait de « sortir de sa zone de confort ». Or, le genre romanesque y parvient sans trop d’effort.
  • Gaité et joie, amour et amitié, pardon ou bonheur sont les ingrédients imparables de ce type de roman. Se rebooster avec un livre dont on sait qu’il va bien se terminer, que l’héroïne, un peu paumée au début, va trouver son chemin et du sens à son existence, est définitivement plus agréable que de lire, tendu.e et mâchoires serrées, un thriller sanglant ou un essai sur le collapse écologique à venir ! En alternance avec des trucs plus sérieux, peut-être, je recommande donc vivement cette dose de littérature légère pour se faire du bien !
  • Les valeurs mises en avant dans ce type de romans correspondent à celles que je souhaite vivre et transmettre : bienveillance, respect et connaissance de soi et des autres, liberté de penser et d’être, cheminement individuel et collectif. Au contraire, peu de traces de mercantilisme, de concurrence ou de violence, sinon battu.es en brèche au cours du récit. On souffle, on profite 🙂

Des auteurs soucieux de la santé psychique de leurs contemporains

Les – du genre :

  • L’histoire et les personnages peuvent apparaître comme de simples prétextes au déroulé des concepts (j’ai plus ressenti cela dans le roman de Laurent Gounelle que celui de Véronique Maciejak…), le récit étant le support ou la courroie de transmission d’un message psychologique à usage de la lectrice.
  • Se rapprochant, de ce point de vue, d’un ouvrage pratique, le roman de développement personnel aura sans doute du mal à « faire œuvre » littéraire, au sens classique du terme. Mais peut-être n’est-ce tout simplement pas sa raison d’être !

A tout le moins, je remercie ces passeurs d’idées inspirantes, soucieux de la santé psychologique de leurs contemporains, et capables de faire passer des idées positives et belles, sur soi, sur les interactions avec les autres, dans une société où les diktats sociaux et économiques sont difficiles à contrer. Promis, les livres de Laurent Gounelle et Véronique Maciejak ne seront pas les derniers du genre à squatter ma table de nuit. J’ai mis la main dans le pot de confiture, elle risque d’y rester un petit moment… Et vous, des retours sur ce type de romans ? Des conseils de lecture ?

3 réponses à « Des romans (légers) à la découverte de soi »

  1. Pendant mon long voyage d’un an j’ai pu lire plusieurs romans de ce type. Souvent par hasard, parce que c’était les seuls livres en français dans les « boîtes à livres » des auberges de jeunesse.
    – Demain est un autre jour, de Lori Nelson Spielman. (Roman americain)
    – Celle qui ecrivait des poemes au sommet des montagnes, de Nicolas Fougerousse
    – La vie est facile ne t’inquiète pas, de Agnes Martin-Lugand (suite de « Les gens heureux lisent et boivent du café  » que je n’ai pas lu). J’ai bien aimé le coté voyage de celui-ci.
    Les 3 traitent d’un changement personnel à la suite du décès d’un proche. Je ne me suis pas vraiment retrouvée dans cette thématique, mais ils m’ont pourtant chacun apporté des pistes de réflexion et surtout l’envie d’en lire d’autres sur le développement personnel. Un peu comme toi, quand on commence, on a envie de continuer 😉
    Depuis j’ai lu
    – L’homme qui voulait être heureux, de Laurent Gounelle
    – L’alchimiste , de Paulo Coelho. Celui là je le conseille vivement 🙂
    Bonne continuation de lecture !

  2. Mange, prie, Aime d’Elizabeth Gilbert (je n’ai pas vraiment accroché accroché …), Mission Hygge de Caroline Franc qui se lit très vite (encore une histoire de journaliste 😉 ) que j’ai bien aimé.
    Bonnes lectures !

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