Cinq actions militantes pour le climat à l’approche de Noël


Désencombrement & minimalisme, Vivre la ville, Zéro déchet / mardi, novembre 26th, 2019

Minimiser, à défaut d’enrayer le dérèglement climatique, ses effets écologiques et sociaux en cascade est LA priorité de la décennie, du siècle même. Et ce, à tous les niveaux, individuel et collectif, associatif et politique ; à toutes les échelles, locale, nationale, européenne, mondiale. En tant qu’individus, nos leviers ont certes un impact restreint et tiennent principalement de la cohérence et de l’éthique personnelles, mais…

A l’approche de Noël et de son cortège de gabegies, autant en énergie qu’en ressources, il me semble important, par nos actions quotidiennes, de faire passer certains messages et de ne pas dérayer de notre cheminement « conscient », à l’unisson de tous ceux qui s’apprêtent à dévaliser les boutiques ces prochains jours, ces prochaines semaines. Strasbourgeois.es ou pas, je vous propose cinq pistes d’actions climato-responsables à explorer :

1. Assister à la « manif pour le climat » samedi 30 novembre

Organisée à Strasbourg par la branche locale de Youth for Climate (La Jeunesse pour le climat Strasbourg), Alsace Nature, Citoyens pour le climat, Oxfam, les Gilets jaunes, Greenpeace, Extinction Rebellion et beaucoup d’autres, cette manifestation « pour le climat et la justice sociale », démarre samedi 30 novembre à 14h place des Halles. L’événement Facebook avec toutes les infos, c’est par ici. Cette manif se décline partout en France, renseignez-vous sur les parcours dans votre secteur !

Je marcherai samedi, bien sûr, comme des milliers de jeunes, de familles, de militants politiques et associatifs, comme toutes les personnes qui pensent que parler de crise climatique ne suffit pas, qu’il s’agit désormais de passer à la vitesse supérieure. A minima, à Strasbourg, cela devrait passer par une refonte du marché de Noël et la réorientation de pans entiers de cette manifestation climaticide… Il y a urgence !

2. Boycottez le Black Friday

Cela ne fait qu’un an ou deux que j’ai réellement pris conscience de l’envergure prise par cette manifestation commerciale dingue. Sans télé, sans pub dans la boîte aux lettres, fréquentant peu les magasins du centre-ville, je suis longtemps passée à côté de ce phénomène de maxi-conso importé par les Anglo-saxons. Je suis soulagée de voir que des initiatives de boycott fleurissent, même chez des commerçants (vidéo Brut ci-dessous), et nous encourage à passer notre chemin…

A noter qu’à tous moments de l’année, les plateformes de vente en ligne sont à éviter au maximum (et notamment la plus emblématique d’entre elles : A**zon) ! Au-delà des problématiques de provenance des produits, des conditions de travail des employés ou des fuites fiscales, le commerce en ligne engendre une foultitude d’impacts climaticides, à commencer par le surembalage des produits et le transport des millions de colis…

3. Limitez la déco et les sucreries cheap de l’Avent

Avec le démarrage du marché de Noël de Strasbourg (mais pas que…), les hostilités consuméristes sont ouvertes. Avantage des mesures de sécurité drastiques (fouilles, militaires everywhere, accès en transport en commun compliqué…) : on n’a pas trop envie de trainer en ville. Il n’empêche : il y a fort à parier que, comme moi, vous réalisez que l’Avent démarre ce week-end et que, à défaut d’après-midi « confection de bredele » (j’ai tenté, mais je laisse cela aux pâtissiers.ères expert.es dont je ne suis définitivement pas…), il va falloir « faire quelque chose » pour marquer le coup, au moins pour les enfants.

Naturo et écolo, je vous conseille fortement d’éviter les calendriers de l’Avent tout fait, garnis de chocolat industriel et autres sucreries de mauvaise qualité ! Attention aussi aux bricoles en plastique et autres joujoux qui finissent souvent à la poubelle après quelques semaines à trainer sur le plancher… Ici, c’est calendrier en bois (acheté il y a 5 ans, bien rentabilisé) garni d’une friture achetée chez le chocolatier du quartier (15€ par an pour deux enfants).

Côté déco, on ne se foule pas, merci ! Les guirlandes en papier faites maison et autres bougies de récup’, c’est ok, la déco « grande surface » et tout plastique, renouvelée chaque année, c’est pas ok. Privilégiez les matériaux recyclables et la sobriété, l’inverse complet des concours de jardins illuminés ou de l’ambiance des films de Noël sur Netflix… Simplicité et authenticité, hum.

4. Rationnalisez vos déplacements

Limitez aussi vos déplacements longues distances. Et ce, pour deux raisons : d’abord, le coût carbone des transports en période de fête. Quand on veut faire plaisir à tout le monde, on se retrouve rapidement à multiplier les trajets et les kilomètres, en voiture (quand on a beaucoup de paquets ou de rejetons…), en train, voire en avion (argh). Je vous encourage à cibler un endroit où passer les fêtes (une semaine ou deux, pas deux jours…), à négocier un Noël dans votre famille cette année, chez votre belle-famille l’année suivante, quand il s’agit habituellement de traverser trois fois la France pour contenter tout le monde…

Seconde raison : la possible grève générale, sans doute bien suivie dans le secteur des transports, surtout au début du mois de décembre. Il se trouve que je dois prendre un train le 6 décembre pour une occasion importante (examen Féna). Il est probable que le réseau SNCF soit impraticable à cette date et dans les jours suivants. Je songeais à aller à Paris en camping car (ou en co-voiturage), avant de me raviser : 1. je soutiens cette grève, 2. la dose d’énergie (fossile ou perso) dépensée pour aller contre cet état de fait (la grève) est trop importante par rapport à l’enjeu. Etablissez la balance bénéfices/coûts de vos engagements, à l’aulne de la fatigue, du stress et de l’empreinte carbone qu’ils représentent.

5. Le retour des cadeaux-expériences

Cela fait plusieurs années que j’en parle. Plutôt que d’offrir des cadeaux matériels, notamment aux personnes dont vous ne connaissez ni les goûts, ni les besoins, préférez les cadeaux-expériences. Exemples : un apéro-maison au printemps, un resto en tête à tête, un soin (massage bien-être ou autres), une journée au parc d’attraction, un ciné familial, etc. J’ai aussi un faible pour les cadeaux alimentaires : une bonne bouteille de vin bio et naturel, un produit de qualité acheté en épicerie fine, des chocolats artisanaux… Ou un livre de votre bibliothèque que vous avez adoré, un livre pratique, engagé, adapté à la personne (cuisine, zéro déchet, travaux manuels, tricot, santé naturelle, etc.).

A un mois de Noël, je commence à entendre autour de moi des discussions sur les repas de fêtes, les listes de cadeaux, les invitations. J’avoue que je suis encore loin de tout ça, mais je me dois de vous passer le mot : moins mais mieux, en alimentation comme en matériel ! Economisez vos sous comme votre santé ! Pas question de manger trop de sucre, de viande, de boire trop d’alcool pendant tout le mois de décembre. Idem pour les emplettes, hein. Temporisez, respirez avant de flancher, pour mieux apprécier les moments passés avec vos proches, à rigoler, jouer, regarder un film de Noël, vous balader dans la nature, etc. Cocooning et détente versus frénésie d’achats et crise de foie !

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