Au creux de l’automne, j’accepte le vide en moi


Développement personnel, Mon chemin de vie / mercredi, octobre 30th, 2019

Visite chez l’acupuncteur, pour faire circuler l’énergie à quelques jours de mes examens et entamer une phase d’adieu définitive d’avec le tabac. Bilan : langue chargée, pouls dans les chaussettes, tensions musculaires, malaise général (j’ai bien cru que j’allais me mettre à pleurer en exposant mon cas). Quelques aiguilles entre le crâne et le haut du pied, en passant par le plexus et les mains, et un bref massage au baume du tigre plus tard, je m’interroge. Où en suis-je véritablement ? La médecine traditionnelle chinoise (MTC) lie l’automne avec le poumon et la tristesse. A l’intersaison (en ce moment), entre automne et hiver, c’est la rate, les soucis et les réflexions qui peuvent prédominer.

L’automne, une saison de transition et d’attente

Tristesse et poumons (réchauffés artificiellement par le tabac), rate (immunité), soucis et réflexions sont un combo qui me parle particulièrement ces jours-ci. L’automne est habituellement une saison que je n’aime pas beaucoup. Une saison d’attente et de transition avant le renouveau de janvier, la croissance du printemps et de l’été. Malgré les couleurs flamboyantes des feuilles tombantes, je vis mal le retour du froid, les jours qui raccourcissent et le changement d’heure, auxquels s’ajoutent cette année cette échéance particulière de validation de mon long cursus en naturopathie.

Puis c’est Noël, que nous vivons dans une solitude subie depuis quelques années, sans trouver la clé pour s’en extraire ou accepter de vivre ce vide. Le vide, la vacuité, celle qu’il me/nous faut remplir périodiquement, parce qu’il.elle fait de nous des êtres fragiles et bancals. Croit-on. Quels projets demain ? Quel sens à ma vie ? Pourquoi m’ennuie-je ? Comment redonner de l’allant, de la dynamique à mon quotidien ? Une vaine course en avant dont on sort généralement toujours perdants, lobotomisés par Netflix, encrassés par le tabac ou l’alcool, surexcités par les élans sexuels ou électrisés par l’ambition et les rêves de réussite.

Le vide, une sensation que je fuis depuis toujours

Comme l’ennui, le vide est une sensation que je fuis depuis toujours. Les romans, les amis, les soirées, les fictions télés, les projets, les défis, les formations, les engagements, tout sauf ressentir ce vide. Avec l’exigence de relatif perfectionnisme qui me caractérise et m’oblige à terminer proprement ce que j’ai initié parfois par simple peur du creux, du manque, de l’inaction. Une exigence ou une auto-torture qui me/nous ronge nombreux.ses, imprégnés par ce principe imprimé sur le frontispice de nos livres d’écoliers : tu DOIS terminer ce que tu as commencé.

Alors ce soir, j’écoute l’un de mes gourous, Franck Lopvet. Comme « par hasard », il publiai la semaine dernière une vidéo « sur le vide que l’on ressent en soi ». Je me permets de la poster ici et vous encourage à la regarder si ce que je vous raconte entre en résonance avec ce que vous ressentez parfois et fuyez souvent :

Ne pas obstruer le tunnel entre le moi et le soi

Pour résumer son propos (j’espère ne pas dénaturer sa pensée, si c’est le cas, qu’il m’en excuse), je comprends que regarder et accepter ce vide intérieur sans essayer de le combler est la meilleure façon d’entrer en contact avec son être profond, cet être supérieur doué d’un amour infini que nous sommes tous. Faire le vide, ne pas obstruer le tunnel entre le moi incarné (l’égo ?) et le soi divin, c’est peut-être nous rapprocher de notre « âme ». Parce que le vide et le plein sont les deux faces d’une même pièce, comme le manque et l’amour, le deuil et la présence.

Alors que l’automne (et jusqu’à Noël) est la période durant laquelle je ressens le plus fortement ce vide, très inconfortable, qui peut me plonger ponctuellement dans un état quasi-dépressif dont je m’efforce de m’extirper en quelques heures ou quelques jours, je décide aujourd’hui d’explorer plus attentivement ce sentiment de vacuité. Plutôt que d’appliquer des recettes de développement personnel (méditation guidée, positive attitude…), comme parfois les remèdes anti-symptomatiques en naturopathie, je plonge, consentante, dans cette piscine grisâtre. J’en remonterai peut-être des trésors. Je vous dirai… 😉

2 réponses à « Au creux de l’automne, j’accepte le vide en moi »

  1. Bon cheminement à vous ! … sans oublier de s’interroger sur ce « moi divin », cette « âme » ? … sinon ça risque de repartir pour un tour avec les traditions, le conditionnement ? … l’illusion d’une survivance de notre petite histoire au-delà la mort ? l’illusion d’éternitré du « moi  » ? … n’est-ce pas exactement la finalité que recherche le processus psychique du « moi » de fuir sa propre fin ? de se croire éternel ? …une nouvelle religion ? un nouveau repère sécurisé ? …ce qui est c’est notre fuite permanente devant ce vide intérieur … c’est entre autre le processus qui anime la construction de l’égo dès son origine … le moi divin, l’âme ne sont peut-être que des concepts, des projections d’un désir d’être … éternel ? au contact de ce vide, le « moi » n’existe pas, il ne peut pas exister pas car étant alors peut-être aux origines même de tout ce qui est ? de l’Inconnu ? de l’Infini ? L’énergie Créatrice ressentie comme un Absolu d’Amour et de Compassuion ? puis au sortir de cette expérience le « moi » réapparaît et il interprète cette expérience à travers son conditionnement et sa connaissance ! … le « moi » n’est-il pas que la réaction de la connaissance et de notre conditionnement ? notre connaissance est toujours limitée aussi grande soit-elle ! et jamais le connu ne pourra dire l’Inconnu! et jamais le fini ne peut dire l’Infini ? … attention alors aux illusions, c’est qui ce moi qui se croit divin ? … n’est-ce point toujours le même , l’ancien, juste un peu plus glorieux, donc satisfait de lui-même ? … donbt nous restons l’esclave, le prisonnier … ayant juste embellie la prison ? n’est-il pas très important d’observer ce qui est, c’est à dire le processus du moi à travers notre relation au monde, aux gens, aux idées, etc … et non pas ce qui pourrait être ? … L’attention aurait dit le Bouddha ? … là où la volonté et le désir d’être sont…. c’est le « moi » qui soit divin ou pas … et l’Autre ne peut pas être ! Merci pour ce témoignage ! Bon cheminement à vous !

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